06-09-2010
 
Un an à bord du Jeanne d'Arc (8/12) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par Etienne et Nicolas   
03-06-2010

Les escales se suivent mais ne se ressemblent pas ! Halte mythique pour tous à bord, Rio de Janeiro sera la dernière sur le continent américain, mais la première dans l’hémisphère Sud.

Au terme de 12 jours de mer plutôt mouvementés (la Ligne est encore dans tous les esprits), nous arrivons au Brésil le 11 février 2008, dans la matinée. Après les traditionnels recommandations de sécurité (il y en a un peu plus à chaque escale) et une corvée de vivres interminable, l’officier de garde annonce le dégagé. Nous avons juste le temps de sortir faire un petit tour en ville avant le début du cocktail. A l’entrée du port, les vendeurs de souvenirs et les taxis sont là à nous attendre. Pas de doute, encore une fois nous étions bien attendus.

Nous décidons d’aller nous balader dans le quartier des affaires, à, quelques minutes du port. C’est l’heure des sorties de bureau et nous nous retrouvons vite au milieu d’une foule en pantalon et chemise, pressée d’aller finir cette journée à la plage. Les avenues et les buildings sont immenses et ne sont pas sans nous rappeler notre première escale à New York, le beau temps en plus. C’est l’été ici, et il fait un peu plus de 35°C à l’ombre.

20h30, c’est l’heure du traditionnel cocktail de la Jeanne. Celui-ci donne le ton de cette escale : une école de samba est venue spécialement pour l’occasion nous faire une petite démonstration de danse typique brésilienne. Au milieu d’une ambiance un peu « Jet Set », musiciens et danseuses mettent littéralement le feu sur le pont d’envol et tout le monde se prête au jeu. Après une démonstration endiablée de samba, les danseuses nous invitent à danser tous ensemble en imitant leur pas. Plus facile à dire qu’à faire…

Après ce cocktail particulièrement bien arrosé, je me laisse convaincre par les infirmiers pour faire une sortie avec eux dans le centre. Sur le quai, nous faisons la connaissance d’Aline, une brésilienne qui sort elle aussi du cocktail. Après avoir discuté avec elle (elle parle anglais, c’est plutôt rare ici),
Aline nous propose de nous emmener « là ou ça bouge ». Allez hop, ni une ni deux on saute dans un taxi direction le bord de mer de Copacabana. Nous arrivons dans un bar, le « Help », dont la grande terrasse est très largement occupée par de très jolies filles. Très vite, on se rend compte qu’il ne s’agit pas de la jeunesse dorée de Rio, mais plutôt de « professionnelles ». Celles qui sont installées sur les tables payent une sorte de commission au tenant du bar pour profiter de sa clientèle, les autres sont debout à l’extérieur et attendent sagement leur prochain bonhomme.

Evidemment, je croise beaucoup de marins du bateau ici. Il faut dire que 12 jours de mer, ça peut en énerver certains. Ceux-là sont en pleine « négociation », d’autres semble-t-il ont conclu l’affaire. Les marins en escale, c’est toute une histoire. On a beau être dans une ville immense, on en retrouve
toujours un peu partout. A terre, les grades s’effacent, chacun vivant sa vie de son côté. Pour éviter les mauvaises rumeurs une fois de retour à bord, il existe une règle d’or que chacun doit respecter en toutes circonstances : ce qui se passe en escale, reste en escale. C’est une sorte d’accord tacite, du genre « Tu n’as rien vu et je n’ai rien vu ». Celui qui déroge à la règle prend le risque de ramasser gros temps pendant tout le reste de la Mission.

Nous avons finalement pris place sur une des rares tables libres de la terrasse. Malgré la foule, notre entrée a plutôt été remarquée, et donc forcement on se fait aborder même pas deux minutes après s’être installé. On décline poliment les propositions insistantes en essayant d’expliquer tant bien que mal qu’on est juste venu boire un verre. C’est vrai qu’elles sont toutes plus jolies les unes que les autres.

Il est maintenant 5h du matin. Ce qui ne devait être qu’un verre a fatalement dévié en une arsouille de marins en bonne et due forme. On décide quand même de rentrer, histoire de dormir quelques heures avant l’appel aux couleurs sur le pont d’envol.

Le réveil sonne à 7h, avec cette désagréable impression que je n’ai même pas dormi une seconde. Je me lève avec la tête qui tourne et le goût des caipirhinas de cette nuit encore dans la bouche

7h50, c’est l’assemblée pont d’envol. Je cherche du regard les mecs avec qui je suis sorti hier soir. Certains sont dans le même état que moi, d’autres encore plus mal. Nous nous échangeons un petit regard complice, qui semble dire « Ptin on a ptet un peu forcé hier ».

Au Garde à vous pour les couleurs, je lutte pour ne pas m’endormir sur place. Le mot du commandant me semble durer une éternité. Après l’appel, je retourne dans la piaule pour dormir jusqu’à 12h. Cet après-midi, ce sera plage, histoire de récupérer tranquillement.

Le reste du séjour passera à une vitesse folle: bains de soleil, restaurants, soirées en boite, et bien sur les deux visites touristiques quasi-obligatoires : le Corcovado et le Pain de Sucre.

C’est donc la première partie de notre voyage qui s’achève ici. Voilà déjà 2 mois que nous sommes partis, et pourtant j’ai l’impression que c’était hier. Après une série d’escales inoubliables, nous avons quitté le continent américain pour faire route vers l’Afrique et tous ses mystères…

Arrivée en Angola prévue le 29 février.

A bientôt,

Etienne


Etienne Et Nicolas
A propos de l'auteur:

Nicolas Mas [EFREI 2007] codirige depuis 2006 ConceptSL, cabinet de conseils spécialisé dans le Web 3D et les Mondes Virtuels avec Yohan Launay [EFREI 2006].

Etienne Debray [EFREI 2007] Etienne Debray, Président EFFOR [2005-2006], rendu à la vie civile après un an comme officier transmissions & télécommunications sur le porte hélicoptère Jeanne d’Arc est actuellement ingénieur d’affaires dans une société d’ingénierie en systèmes embarqués.