Anne-Laure Michelis, promotion 1993 a gentillement accepté de répondre aux questions d'Effervescence. Entretien téléphonique car Anne-Laure vit aux Etats-Unis, notre interview s'est déroulée à 1h30 du matin heure de Paris pendant un de ses rares moments de calme...
Anne-Laure, tu es de la promotion 1993, c'est ça ?
Oui, j'ai été diplômée en 1993 après avoir réalisé mon stage de fin d'etudes pendant 3 mois à Miami. J'ai passé 5 ans à l'Efrei, je suis devenue Ingénieur mais je savais depuis le début que cette voie n'était pas la mienne.
Tu décides donc une fois diplômée de partir à l'aventure...
Après avoir reçu mon diplôme, j'ai pris le temps de voyager un peu, de profiter de mes amis et de ma famille, puis j'ai pris mon ski nautique et ma valise et je suis partie pour la Floride. Je n'avais pas de job mais j'ai rapidement réussi à trouver du travail. J'ai commencé en faisant du network marketing dans une entreprise qui vendait des filtres à eau et des produits bons pour l'environnement. Cela m'a appris le contact avec les gens, j'ai appris à "lire" les gens, à leur parler et à les séduire. C'est important pour tous les aspects de la vie.
J'ai cru comprendre que ce job n'était qu'une étape ?
Oui, j'ai appris grâce à cette expérience à continuer à travailler sur moi-même, à vouloir m'améliorer en permanence. C'est ce que l'on appelle ici le personal growth. J'ai donc cherché à me créer des opportunités. Depuis, j'ai été gérante d'un magasin de sport, professeur de yoga, de pilates et de musculation (personal trainer). A côté de cela je donne des cours de maths et de physique, je suis skieuse nautique professionnelle et j'investis dans l'immobilier.
Quel rôle joue ton diplôme Efrei dans ce parcours ?
L'Efrei m'a apporté une chose importante : l'anglais et l'ouverture sur le monde. C'est en particulier Christine Loevenbruck [ndlr: Responsable de l'international à l'Efrei] qui a insufflé à notre promotion cette envie de découvrir le monde. J'ai fait parti des premiers etudiants de l'Efrei a passer leur dernière année a l'étranger. J'étais en Angleterre. Lorsque je suis sortie de l'école, c'était le début de l'Europe. Nous étions les premiers à nous appeler "européens" et voulions nous internationaliser.
En revanche, des éléments manquaient à ma formation. On ne nous a pas donné suffisamment d'ambition à l'école : tout le monde sortait et suivait un parcours classique, sans avoir envie d'aller plus loin. Je regrette que nous n'ayons pas eu à réfléchir davantage sur nos desirs, nos valeurs, notre futur lorsque tout était encore possible sur les bancs de l'école.
Il me semble que depuis les choses ont évolué. Nous avons des cours de communication et des séminaires pour analyser notre personnalité...
C'est alors une très bonne chose. Je reproche au système français de faire croire qu'une fois diplômé, la formation est terminée. Bien au contraire, en sortant de l'école on a franchi une étape, mais il faut se former, et se reformer en permanence, avoir envie de changer, oser recommencer.
Ton parcours n'aurait pas pu être possible en France ?
Absolument impossible. En France, un diplôme est une carrière. Ici, changer de métier plusieurs fois au cours d'une vie professionnelle est normal. Ne pas changer est d'ailleurs suspect. J'ai suivi des séminaires de self improvement et je continue encore à évoluer. En France, j'aurais dû suivre un parcours Ingénieur et il aurait été bizarre que je veuille faire autre chose.
Championne de ski nautique, professeur de yoga, de musculation, investisseur immobilier... quelle est la prochaine étape ?
Je ne sais pas! La crise a été un cap difficile à passer. Je ne sais pas ce que je vais faire pour la suite, j'ai besoin d'un peu de temps pour me réinventer. Ceci dit, j'ai déjà envie de changer et le métier de personal assistant me parait intéressant... je vais peut être me tourner dans cette direction.
As-tu un mot à ajouter ? Un message pour les anciens et les élèves de l'école ?
Rêvez! Si une opportunite se presente, attrapez-la au vol! Il faut investir en soi-même en permanence et ne jamais hésiter aller à contre-courant ! |